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INTERVIEW :: Anne-Bénédicte Joly - Ecrivain
Anne-Bénédicte Joly est un écrivain professionnel qui autoédite
ses romans.Par ailleurs, elle a crée et anime aussi l'association culturelle "Les éditions de
l'avenue".
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Site web :
Anne-Bénédicte Joly : http://ab.joly.free.fr
Les éditions de l'avenue : http://editions.lea.free.fr
Livres édités : Cliquez-ici |
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Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Vous me demandez en somme de décliner mon identité. Anne-Bénédicte Joly, 40 ans,
écrivain, résidant à Antony (92 Hauts-de-Seine) en France. Avant de devenir écrivain,
j'ai été successivement, étudiante (en Doctorat de lettres modernes) et professeur de français
au lycée. Bien sûr mon entrée dans la vie active, comme beaucoup d'étudiants, se fait
par de petits boulots : conditionneuse dans une usine pharmaceutique, assistante administrative, employée
de bureau… mais ceci est une autre histoire.
Depuis quand écrivez-vous ?
J'écris depuis toujours, depuis aussi loin que je m'en souvienne. J'écris pour jeter l'encre dans
des univers imaginaires et donner corps à des êtres de papier. J'écris aussi car je ne sais
pas être autrement. Enfin, l'écriture est mon mode de communication préféré car
il s'inscrit dans la durée et le livre le rend indélébile. Les mots éclosent à
l'oral et à l'écrit. Ils se disent à voix haute, à voix basse, par la plume ou un clavier.
Ecrire est au centre de mon existence. L'écriture me permet d'exprimer ce qui me différencie des
autres. Ecrire m'est essentiel : les mots sont mes outils favoris. Traits d'union de partage qui ont le pouvoir
d'évoquer et d'être lus.
A quel genre littéraire estimez-vous appartenir, et pourquoi ?
Je me sens le plus harmonie avec le roman classique, les nouvelles et la prose poétique (comprenez les billets
d'humeur), le tout sous un qualificatif de création féminine. Sans être particulièrement
militante (ni chienne de garde) mes textes sont généralement qualifiés de féminin ;
au niveau de l'ambiance, de l'histoire, du traitement de la vie des personnages, de la sensibilité, du climat…
Le choix du genre s'est fait petit à petit et a suivi ma création, depuis les essais littéraires,
jusqu'au roman en passant par les nouvelles. Enfin, je pense être un auteur moderne, tant dans les sujets
abordés que dans le traitement de mon écriture.
Seriez-vous malheureuse si vous étiez dans l'impossibilité d'écrire ?
Oui. L'impossibilité d'écrire serait pour moi comparable à une impossibilité d'expression,
ou encore proche d'un non-être. Ne pas écrire reviendrait à ne pas vivre. Je ne conçois
pas mon existence sans la présence de l'écriture.
En tant qu'écrivain professionnel, pensez-vous qu'il est difficile, voire même impossible, de vivre
de ce métier ? Pourquoi ?
C'est véritablement un problème. Il est en effet très difficile (hormis pour une poignée
d'entre nous) de vivre de sa plume. Il est peut-être envisageable, si l'on croit les belles histoires de
rencontres narrées par les éditeurs, de faire un coup d'éclat sur un livre, mais de vivre
durablement de sa plume me paraît très difficile. Nous avons tous en mémoire les talents découverts
qui semblent incapables d'écrire leur deuxième livre, qui avait pourtant été commandé
par un imprimeur renommé... Je ne sais pas comment font ces auteurs, mis un temps sous les feux de la rampe,
pour vivre ou survivre... Les éditeurs, devant le coût de fabrication et de promotion d'un livre,
semblent actuellement assez frileux lorsqu'il s'agit de "lancer" de nouveaux talents ou de nouveaux auteurs.
En conclusion, disposer de suffisamment de ressources issues de ses livres pour vivre est un luxe réservé
à peu de personnes.
D'autres ressources sont-elles nécessaires aux écrivains pour vivre financièrement parlant
?
Oui évidemment, les écrivains doivent disposer d'autres ressources complémentaires pour
vivre, voire éditer eux-mêmes leurs propres ouvrages. En règle générale, les
auteurs sont également instituteurs, professeurs... ou font également des interventions ponctuelles
dans les milieux scolaires en tant que consultants.
Pourquoi êtes-vous devenue écrivain autoéditeur ?
Pour mon tout premier roman (en 1987), avant même de penser à solliciter des éditeurs,
je souhaitais que mon texte soit publié afin que des lecteurs puissent le découvrir. J'ai donc entrepris
des démarches pour devenir éditeur et intégré toutes les étapes de fabrication
du livre. Je me suis endettée pour financer l'édition de 1 000 exemplaires de mon essai littéraire.
Puis je me suis également chargée de sa diffusion. Cette expérience a été un
véritable déclic quant à ma vocation, lorsque j'ai pu lire mon nom sur une couverture de livre.
Par la suite, pour mes autres livres, j'ai choisi, devant le refus de certains éditeurs à qui j'avais
adressé mon manuscrit, de poursuivre cette même route de l'autoédition.
Quels sont les avantages et les inconvénients de l'autoédition ?
Les avantages sont de disposer tout d'abord d'une grande liberté et d'une absence de censure sur l'intégrité
du texte, de mener à terme une expérience d'écriture, de donner vie à un livre et de
pouvoir ainsi échanger avec des lecteurs. Les inconvénients en sont principalement le coût
de fabrication, une grande difficulté de diffusion de l'ouvrage et une reconnaissance difficile à
acquérir.
Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées dans l'autoédition ?
La complexité de certaines démarches dans le cadre de l'existence légale du livre (ce
point a été considérablement amélioré par les autorités compétentes),
les étapes de fabrication et les processus d'impression et surtout la diffusion du livre et donc le point
d'équilibre financier de l'opération...
Conseilleriez-vous l'autoédition à des écrivains pour leur premier roman et à des
écrivains expérimentés ?
Oui sans aucun doute, car l'autoédition (à ne pas confondre avec l'édition à compte
d'auteur) est le moyen d'exprimer librement et de publier son texte en faisant fi des renvois de manuscrits. Si
un auteur considère que son livre doit être publié, par ce moyen et en prenant ses responsabilités,
il peut y parvenir.
À quelle occasion avez-vous créé l'association Léa ?
Je cherchais depuis quelques temps le moyen de mettre en adéquation, à la fois mes compétences
d'écrivain, ma connaissance du milieu de l'enseignement et la volonté de proposer à des enfants
une aventure littéraire dans le cadre d'une année scolaire.
Quel est le but de l'association Léa ?
Le but de l'association "Les éditions de l'avenue" est la création et l'animation d'ateliers
d'écriture en milieu scolaire, l'édition, la publication, la promotion et la diffusion de tout type
d'ouvrages. Il s'agit en fait d'associer les enfants d'une classe, sur une année scolaire, à toutes
les étapes de la création d'un livre : depuis son écriture jusqu'à sa vente, en passant
par son édition, sa diffusion et sa promotion.
Pourquoi avez-vous créé un site Web ?
Concernant mon métier d'écrivain, j'ai créé un site pour pouvoir présenter
mon travail (mes livres) et mes projets, présenter mon parcours et permettre à des lecteurs intéressés
ou des internautes curieux de se procurer mes livres.
Que vous apporte votre site Web ?
Je considère mon site comme une vitrine de mon travail et comme un curriculum vitæ de mes réalisations.
C'est également un moyen d'élargir le cercle de mes lecteurs, en proposant à des internautes
de découvrir mes mots. C'est également un moyen pour diffuser sur une plus grande échelle
la diffusion de mes livres. C'est enfin, et surtout, le moyen de rencontrer des lecteurs que je n'aurai peut-être
pas l'occasion de rencontrer au quotidien. Grâce à une politique de liens et d'échanges, cela
participe à la création d'une toile littéraire dont l'objectif universel serait de rassembler
autour de l'écriture et des mots. Mon site est référencé dans de nombreux annuaires
et moteurs de recherches francophones et je me réjouis, chaque jour, des échanges que je peux entretenir
avec de nouvelles personnes. Enfin, et pour rebondir sur les propos concernant l'autoédition, un site Internet
est un merveilleux espace de libre expression et constitue, à n'en pas douter, une alternative sérieuse
au métier d'éditeur classique. Dans cet esprit, il me paraissait donc logique de créer un
site Internet.
Concernant l'association, nous avons également créé un site, afin que les enfants, qui sont
de plus en plus familiers avec cet environnement, puissent suivre la création et l'évolution de leur
travail sur le web. L'idée était surtout de communiquer sur le projet à travers un vecteur
moderne. Concernant ce site, nous avons une politique de référencement et de liens plus mesurée,
ce qui ne nous a pas empêché d'avoir de nombreux échanges avec d'autres intervenants du monde
de la littérature dite de jeunesse. Nous avons été particulièrement fiers de lire et
de découvrir que notre travail avait été salué et reconnu de la sorte.
Relisez-vous souvent les livres que vous avez aimés ?
Tout le livre parfois, certains passages souvent. J'aime approfondir, totalement m'imprégner de l'univers
d'un écrivain.
Avez-vous une devise, une ligne de conduite ou de pensée ?
Je mélange le coeur aux yeux pour produire des regards d'écriture.
Le trait principal de votre caractère ?
Ecrire, sans cesse écrire pour faire durer le fugace.
Une dernière question pour finir, selon vous qu'est-ce qu'un bon livre ?
Premièrement une bonne histoire, deuxièmement une bonne histoire, troisièmement une bonne
histoire ! |
Le site Internet de l'écrivain : http://ab.joly.free.fr
© Anne-Bénédicte Joly - Mars 2004 |
Livres édités
| Publications (autoédition) |
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Dommage(s) (2003)
Le cabinet d'une psychothérapeute parisienne. Pierrot,
compositeur de renommée mondiale dont on ne retiendra que le prénom, vient consulter Constance Dormeuil.
Son passé surgit avec cortège d'angoisses.
Dommage(s) retrace l'histoire de cet homme, épris de gammes et de mélodies, qui se heurte en permanence
aux limites sans concession de l'existance.
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Singulière. (2000)
Singulière. Histoire de femmes d'une même famille. Les pérégrinations, au fil des générations
(1890-1980), d’une arrière grand-mère et de son arrière petite-fille. Quel trouble dans leur
similitude, quel étrange sentiment. L'histoire se répète-t-elle donc toujours ? Adèle
ressemble tellement à Rose…
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Deux par d'eux (1998)
Le personnage principal, tragique, douloureux est Louise Hasard.
C'est le hasard, la nécessité, le destin. Tout est grave, solennel. C'est le malheur. Les gens du
quartier disent que c'est la maison du malheur. La mort revient. Martin et Léa, les enfants de Louise, meurent.
Pourtant viennent l'amour, l'affection de la famille (Louise, Baptiste, les tantes), les chansons de Boris Vian,
de Léo Ferré, d'Yves Montand, de Juliette Gréco...
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Le meublé livres (1996)
Recueil de nouvelles possédant toutes un point commun.
Véritable fil d'Ariane, il symbolise la connivence entre l'auteur et le lecteur, instituant un double niveau
de lecture. Enfermés dans leur univers, les personnages cherchent puis parviennent à donner du sens
à leur existence.
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Lettres à l'être
(1996 réédition et 1994)
Roman qui plonge le lecteur dans plusieurs situations où
il est tour à tour livre, confronté à l'émancipation d'un personnage, humain, rencontrant
un écrivain contemporain et auteur ayant perdu son imagination et préférant abandonner son
identité pour devenir personnage.
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Prisme et ombre (1987)
Premier roman. Essai littéraire où les références littéraires et le jeu de l'auteur
entre fiction et réalité s'expriment avec force et imagination.
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Publications chez Les Editions de l'Avenue
- Mi-jour Minoui... (2004)
- Le temps est conté (2004)
- L'étroit monde (2003)
- En quête de Feuglaceterre (2002)
- La liberté délivre (2001) |
Eléments biographiques
Anne-Bénédicte Joly est née à Paris en 1963. Elle
passe son enfance à proximité de la Vallée de Chevreuse. Passionnée d’équitation,
elle fait quatorze ans de compétition de sauts d’obstacles. Elle sillonne diverses régions de France
que l’on retrouve décrites dans certaines de ses œuvres.
Le collège et le lycée confirment son inclination pour la littérature. Une rencontre déterminante
avec un professeur de philosophie en terminale oriente ses choix vers un cursus universitaire en lettres modernes
: maîtrise, DEA et doctorat.
Son entrée dans la vie active, comme beaucoup d’étudiants, se fait par de petits boulots : conditionneuse
dans une usine pharmaceutique, assistante administrative, employée de bureau. Après sa licence, elle
découvre l’enseignement en dispensant le français dans une école à Paris. Ce fut pour
elle une véritable révélation que la découverte de ce métier basé sur
le partage et l’échange.
Au cours de ses études, un événement laissera des souvenirs indélébiles. En
effet, elle parviendra à rencontrer Marguerite Duras ! Elle lui consacrera d’ailleurs six années
d’études, de la maîtrise au doctorat, sur l’analyse systémique de son œuvre.
Enfin, après quelques années passées dans l’enseignement, elle prend la décision de
se consacrer exclusivement à l’écriture. Souhaitant à tout prix que son texte soit publié,
elle se lance dans l’autoédition. Début d’une période laborieuse : endettement, difficultés
de diffusion et multitude de doutes qui ne suffisent pourtant pas à ébranler sa vocation. Des essais
naissent d’abord, puis des nouvelles, enfin des romans, forme littéraire qui lui correspond le mieux.
Désireuse d’être éditée, essuyant les sempiternels refus des maisons d’édition
à qui elle envoie ses manuscrits, Anne-Bénédicte Joly continue son aventure de l’autoédition.
Elle édite en 1987, Prisme et ombre, son premier roman. Depuis, elle a publié, Lettres à l’être
(1994), Le meublé livres (1996), Deux par d’eux (1998), Singulière. (2000) et Dommage(s) en 2003.
Lors de la présentation de son dernier roman, elle dira : «Ecrire est mon essence, mon sens de la
vie. J'ai un sang d'encre et j’imprime sur le papier des paysages d'état d'âme. J’écris pour
être lue.»
L’année 2000 a également été marquée par deux évènements : la
mise en ligne de son site Internet (en avril) et la création (en juin) d’une association culturelle littéraire
Les Editions de l’Avenue ayant pour vocation la création et l'animation d'ateliers d'écriture en
milieu scolaire. Ce projet pourrait se résumer ainsi : une année, un livre. Il s'agit, durant une
année scolaire, de faire participer des élèves à un atelier d'écriture et de
les accompagner, en respectant le programme scolaire, dans toutes les étapes de l'écriture. |
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Activités en milieu scolaire
Chaque année, depuis l’année 2000, une classe d’écoliers
se transforme en collectif d’écrivains. Au départ une idée simple : comment faire taire une
bonne fois pour toute ces idées reçues selon lesquelles les enfants d’aujourd’hui ne lisent plus,
ne s’intéressent plus à la littérature, ne savent plus écrire et sont rivés
à leur écran de télévision ou de console de jeu ? Comment enthousiasmer et faire participer
des enfants à une entreprise de création littéraire ?
C’est le pari que j'ai cherché à relever en créant une association culturelle littéraire
(Loi de 1901) dont la vocation est la création et l'animation d'ateliers d'écriture en milieu scolaire,
l'édition, la publication, la promotion et la diffusion de tout type d'ouvrages. Ainsi, le projet que j'anime
(Une année, un livre !) consiste à accompagner les enfants tout au long d’une année scolaire
dans toutes les phases d’écriture d’un livre : depuis les premières idées jusqu’à l’édition
du livre en passant par le choix du genre, du thème, les phases d’écriture, de discussion (souvent
animées et vives), le choix du titre, mais aussi les phases de relecture, d’impression et de dépôt
légal.
Car, à la différence d’un atelier d’écriture, en fin d’année scolaire le livre est
édité et commercialisé. Il possède un numéro ISBN, il est déposé
(Bibliothèque Nationale et ministère de l’Intérieur) et les enfants se sont chargés
de la vente de leur livre lors de la fête de l’école. Les auteurs d’une année ont également
la fierté de posséder (ad vitam !) un exemplaire dédicacé de leur œuvre et ont la joie
de lire leur nom sur le quatrième de couverture.
Depuis 2000, trois livres (‘La liberté délivre’, ‘En quête de Feuglaceterre’ et ‘L’étroit
monde’) ont déjà été publiés. Ils ont été écrits avec des
classes de CM1. Et depuis cette rentrée scolaire (2003-2004), le projet est conduit, non seulement en CM1
mais aussi avec une classe de 6ème. Ainsi, en juin 2004, deux livres seront édités ; sans
trahir de secret, ils comptent respectivement plus de 100 pages et nous ne sommes pas encore au bout de nos...
aventures.
Vous pourrez en savoir plus en vous rendant sur le site de notre association (http://editions.lea.free.fr) sur
lequel vous pourrez même découvrir des extraits des livres en cours d’écriture.
En résumé, un pari un peu fou, une envie d’écrire sans borne, une volonté de publier
des ‘vrais’ livres (plus de 100 pages et sans image !), une imagination sans limite et un investissement enthousiasmant
des élèves-écrivains… voilà les recettes de notre projet.
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